torsdag, november 26, 2009

Sunblog Festival

Envie de lancer un nouveau cycle, mais pas la patience de me poser et d'écrire des... hmmm... critiques, si on peut appeler ça des critiques.

Je me suis rendu compte, il y a longtemps déjà, que j'aimais bien un type précis de films intimistes américains, taggés 'indie', du genre qui passent au Sundance Festival. Selon les critiques (officiels), ce sont des comédies dramatiques, souvent initiatiques (bien que pas forcément de passage à l'age adulte comme la plupart des college movies), "funny yet real", des genres "ma famille déchirée redevient unie", "veuf redécouvre la vie", ou "quotidien ennuyeux devient lumineux".

Suivent les énumérations :

Dans ce cycle, je mettrais :
- Smart People (famille, veuf)
- Sideways (quotidien ennuyeux)
- The Good Girl (quotidien ennuyeux)
- Birds of America (famille)
- All the Real Girls (quotidien ennuyeux)
- Lonesome Jim (quotidien ennuyeux)
- You Can Count On Me (quotidien ennuyeux & famille)
- Friends with Money (quotidien ennuyeux)
- the Object of My Affection (quotidien ennuyeux)

On retient dans ces films des présences féminines envoûtantes, (stills pas pris des bons films) :
Jennifer Aniston, Ellen Page, Zooey Deschanel, Laura Linney, des héros masculins désarmants, Dennis Quaid, Paul Giamatti, Casey Affleck, Mark Ruffalo.

Il faut exclure des films plus célèbres du même goût, comme Little Miss Sunshine, As Good As it Gets, ou Juno, mais j'aime le côté intimiste et mélancolique, moins débridé, des moins connus.

Il y a d'autres films qui ressemblent, sans avoir ce côté mélancolique de la somme de détails qu'ont les films américains, et qui sont plus crus, moins confortables, plus réalistes encore, comme, dans deux styles résolument opposés mais complémentaires, la comédie banlieusarde des Portes de la Gloire et le journal intime d'une rencontre de Once.

Encore à côté se situent les comédies françaises grinçantes de Jaoui-Bacri, la Bûche, le drame parisien du genre les Mauvais Joueurs, les peintures sociales britanniques ou les drames intimistes à la scandinave, les drames adolescents (qui sont des college movies, mais en pas drôle)...

Prochain cycle hypothétique :
les buddy movies/comédies romantiques à la Edward Burns, d'humeur assez claire, et puis deux ou trois autres, à définir...
- The Brothers McMullen
- She's The One
- No Looking Back (pas vu)
- The Groomsmen
- The Break-Up

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måndag, augusti 27, 2007

Jennifer Anisblog

Suite du Cycle Jennifer Aniston. Ce coup-ci, deux d'une traite. En fait pasque le premier ne m'a pas plu... tellement pas plu en fait que j'ai même envie de le retirer du Cycle.

Ce premier, c'est Derailed, qui est un thriller un peu malsain et surtout mal fait. La recette est simple et efficace : on prend un cast connu, on le met dans une situation totalement improbable, on suit des aventures à un sens où quoi qu'on pense, l'histoire se déroule sans qu'on en contrôle le flux (ça fait pas tellement de sens dit comme ça, mais jme comprends), puis on sort un GROS rebondissement sur lequel tout le scénar tient en équilibre, on fait comebacker le vilain pour rajouter vingt minutes, et on finit par montrer comment les gentils en fait sont plus malins que les méchants. Pasque jusque-là, putain, quesqu'ils était cons, les gentils.

Comme cast connu on a Clive Owen, dont j'aime bien la tronche, et heureusement pasque quelque soit le film ou la scène il garde la même expression, et quand il essaye de sourire ça fait un peu craquer son masque, c'est bizarre. Il fait à peu près exactement le même jeu que dans, par exemple, Children of Men, et peut-être 100 % des autres films que j'ai vus de lui. Son personnage est vraiment pas aidé, il y a 15 000 choses que n'importe qui aurait faites dans sa situation, ça tient pas. On a ensuite Jennifer Aniston, et j'en parle plus loin. On a en troisième Vincent Cassel, cocorico, qui ne prouve rien puisqu'il reprend son rôle de méchant vicieux et malin, avec toujours le même sourire sinistre, totalement du genre François Toulour. Plus loin dans le cast on a deux rappeurs, dont il faut souligner la participation active à l'intrigue (hum), j'ai nommé RZA (qui joue pas trop mal... sauf que son accent est à chier... mais j'aimais bien le Wu Tang Clan du temps où) et Xzibit (ouais, ouais).
Jennifer Aniston qui est peut-être l'intérêt de ce film, pour la première fois fait la méchante. Avec un visage et un jeu plus sombres, plus vieillis, plus froids. Elle s'essaye à l'inquiétude, aux couinements terrifiés, etc.. Assez bien, assez bien de la voir sous un nouvel angle. Mais ça méritait pas un film entier avec du remplissage tout autour.

Dommage.

Rumor Has It (La Rumeur Court) maintenant, est d'un tout autre genre... et beaucoup plus intéressant dans son genre à lui. Traditionnellement, les thrillers sont beaucoup plus pêchus et appréciés que les romances... Mais, quand Derailed est un thriller classique et vite fait, Rumor Has It est une romance atypique et appliquée. En fait, c'est de Rob Reiner, le réalisateur de Quand Harry Rencontre Sally (entre autres, hein, mais la correspondance est intéressante).

Voilà donc une petite histoire dramatico-romantique, une jeune femme qui va se marier et se pose des questions sur son fiancé, puis sa soeur qui va se marier, sa mère, son père, sa grand-mère, et caetera. Un peu comédie de moeurs, un peu drame familial. Tout un peu, en fait. Pas vraiment prononcé pour un genre ou l'autre. Ca peut agacer, mais je trouve que le mélange se goûte bien. On a pas trop de tout. On a peut-être pas assez de chaque, mais je préfère rester sur ma faim (ce qui me donne envie de regarder un autre film) que d'être écoeuré (ce qui me donne pas envie de regarder un autre film).

La jeune femme, c'est Jennifer Aniston. ... ... ... ...
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH
Jolie comme un coeur, les cheveux franchement lourds, brillants, lisses, magnifiques, plus maquiléée que dans d'autres rôles, un visage qui pleure ou qui sourit facilement et naturellement (c'est l'actrice qui fait ça), beaucoup de mouvements de sourcils (bien joués pour la plupart), beaucoup de visages de faux "je vais bien, tout va bien" qui, bon, sont alignés en rangs d'oignons, mais ça passe pasque je trouve l'expression fine et craquante (comme des Springles Hot & Spicy).

Le premier rôle masculin c'est Kevin Costner et son personnage s'appelle Beau (c'est pas pratique, ça ?). Là on a la critique un peu difficile pasque c'est quand même Kevin Costner, il rentre bien dans son rôle, il l'occupe entier, jusqu'à ce qu'on ait l'impression que le rôle est franchement trop petit pour lui... Et pourtant, en vieux beau décontracté mais un peu écolier pourtant, il convient parfaitement : c'est ce genre de charme tranquille et pas tout à fait sophistiqué, une séduction de fatigué, avec quoi il fait son pain maintenant, le vieux Costner (sauf dans son prochain où il fait un serial killer... pourquoi pas...).

La grand'mère c'est Shirley MacLaine... Une actrice plutôt connue pour ses rôles de grand'mère, j'ai l'impression, et... et pour ses opinions new age, mais c'est la Wikip qui prend possession de moi, là. C'est surtout son rôle qui me fait plaisir, en fait : une mémé fashion qui refuse qu'on l'appelle grand'mère et quand elle veut causer à sa petite-fille, elle lâche à son fiancé : "Mon gars, va jouer avec ta bite". Cha-rmante. Je trouve que c'est un bon rôle, mais je ne peux pas dire si c'est du grand jeu, vu que je ne l'ai vue que dans ce rôle. Ca paraît, au moins.

Ledit fiancé c'est Mark Ruffalo, avec la paralysie faciale qui lui fait tout prononcer à droite. Il fait pas mal de seconds rôles de ce genre : c'est l'inspecteur dans Colateral, le copain de Kirsten Dunst dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind, un des soldats dans Windtalkers, et j'ai rien vu d'autre de lui (je crois... ah, et c'est lui qui fait l'adaptation de Et Si C'Etait Vrai).

On a aussi Mena Suvari en petite soeur, c'est la lolita dans American Beauty, et la sage dans American Pie. Perso j'aime pas sa tête, mais là elle joue son rôle de petite folasse, sans plus, sans moins.

Le père c'est Richard Jenkins. Non, non, il est pas connu, il a même pas sa bouille en médaillon dans l'imdb... Mais attendez, on le connaît : il a joué dans Fun With Dick and Jane (Braqueurs Amateurs, c'est le boss), dans Shall We Dance (hum...) ou Intolérable Cruauté, dans The Core aussi (pas connu mais putain ce que c'est qu'une merde), dans Me Myself & Irene (Fous d'Irene) ou même Mary à Tout Prix... Putain, il a même joué dans Un Divan à New York, Wolf et... Silverado !! (avec des morceaux de Costner dedans... son premier succès en fait, deux ans avant Les Incorruptibles) (d'ailleurs en fait le premier film où Kevin Costner aurait dû percé c'est The Big Chill, qui est en train de m'arriver maintenant, un rôle pour lequel il avait décliné le principal rôle de WarGames, all time favourite, qui allait bien entendu atterrir sur Matthew Broderick... si Costner avait pris ce rôle de , l'histoire mondiale en eût été indiscutablement, profondément et radicalement changée)

Voilà donc le cast qui fait.

.......................> > > Spoiling freely through infinity < < <

Le scénar est relativement intéressant : en 1967, le film The Graduate raconte l'histoire d'un Bac +4/5 (...euuh... graduate quoi...) qui se fait séduire par une femme de 40 ans, pour tomber amoureux de la fille de cette dernière et s'enfuir avec elle le jour de son mariage (à elle) (à noter le premier vrai grand rôle de Dustin Hoffman, et le célébrissime "Mrs Robinson" de Simon & Garfunkel). En 1997, une jeune fille apprend que sa mère, morte il y a longtemps, aurait eu une liaison just'avant son mariage avec son père, avec un certain Beau Burroughs. Ce Beau Burroughs était pote avec Charles Webb, l'auteur du roman dont le film est une adaptation. Comme elle ne ressemble pas à son père, elle se persuade que sa mère, sa grand'mère et ce Beau Burroughs sont les trois vraies personnes dont le roman s'inspire.

Elle va le chercher, le découvre mignon comme tout, et dans sa confusion (et pas mal d'alcool), elle passe la nuit avec lui. Le lendemain, et c'est là que ça devient plus intéressant pour le scénar, Beau Burroughs (qui a confirmé qu'il est bien l'inspiration du livre, et donc l'amant de la mère et de la grand'mère, mais qu'il ne peut pas être son père) l'invite à rester avec lui (en fait, à vivre avec lui, mais d'abord à aller à un gala avec lui), en lui en mettant plein les yeux avec son flouze, et en lui parlant d'aventure dans la vie, de piquant, car si on ne vit pas avec folie, "la vie n'est qu'une suite de jeudis mis à la suite les uns des autres". Au gala, le fiancé de la jeune femme la voit embrasser le vieux Beau, casse méchamment (d'un point de vue général, le rôle du fiancé est bien écrit : il est timide quand il faut, et en colère comme il faut), et elle se rend compte qu'elle n'a jamais voulu vivre qu'avec lui.

La fin est en fait plusieurs fins, une pour chaque arc, squi fait qu'on a un peu l'impression de rebondir sur le tarmac, mais ça va. Mais ce qui m'intéresse particulièrement dans ces arcs, c'est de voir que Beau, qui à la fin du film se retrouve avec sa queue sous le bras, s'est non seulement tapé trois générations de la même famille, mais en plus s'est fait saigner par les trois : par la grand'mère quand il s'est enfui avec la mère, par la mère quand elle s'est enfuit avec son mari (contrairement au roman, le Graduate n'arrive pas à arracher sa copine à son mariage), et par la fille quand elle retourne chez son fiancé. Sans qu'il ait trop rien demandé, sauf bien sûr ce moment intéressant dans le film où il invite la fille à rester (et qui lui permet de ne pas être une totale victime, honneur douteux). Tout ça parce que la première voulait s'encanailler avec un jeunot, la seconde voulait se taper une dernière fois autre type que son mari, et la troisième perdait complètement les pédales. Ou comment trois générations de femmes ont démembré la vie d'un homme.

Mais c'est pas misogyne, ni même sexiste : il n'y a pas là de camps selon le sexe. Il y a plutôt ceux qui ont fini avec la fille, et les autres. Comme dit le père de Jennifer Aniston : "I got your mom. He didn't". On a donc toute latitude d'entrevoir les douleurs des deux "qui l'ont eue", le père et le fiancé, mais le vieux Beau... Je suis pas d'accord avec le traitement qui a été fait du Beau dans ce film, ni de la légèreté qui est pardonnée aux personnages féminins : c'est pour ça que je le trouve intéressant.

.......................> > > Spoilers end here < < <

Après ça, on a des moments marrants (tout le début, en fait, à côté des pleurnicheries d'Aniston), surtout dans la voiture et au dîner. Ce qui découpe assez bien le film en moitié humour et moitié émotion (le découpage se faisant à peu près à la 44', avec une dernière élocution de "blunt testicular trauma").

Ah, et puis la soundtrack : pas fracassante (à part le passage obligé par "And here's to you, Mrs Robinson, Jesus loves you more than you will know"... A propos, les paroles de la chanson n'ont rien à voir avec The Graduate ou Rumor Has It... domma-aage). Cependant, y'avait du piano-bar bien bien qui m'a tendu l'oreille, alors j'ai été chercher, pour découvrir Nellie McKay (ça se prononce "Ma Caille" :)), pianoteuse-chanteuse mimi dans la vague de Norah Jones ou McKrall, mais TOUT A FAIT différente, militante, rigolote, et dont le style prend résolument toutes les directions possibles. Regardez donc son rap, ou écoutez une chanson (pas dans la même version) de la soundtrack d'un Grey's Anatomy :

Vraiment trèche bien.

En définitive, une comédie de moeurs comme j'aime, pas un filmaniston dans toutes les règles de l'art, mais pas loin ; avec une bonne bouille, une histoire un tantinet complexe, des sentiments justes et pas trop baveux, et une fin qui me laisse un peu voire beaucoup nostalgique.

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lördag, augusti 04, 2007

The Blog of My Affection

Je vais donc devoir créer deux nouvelles catégories. Oui, j'aime bien les catégories. Y'a une fille un jour qui m'a dit "mais tu veux tout mettre dans des boîtes. tu mets les gens dans des boîtes, là, tac! tac! pour que quand ils sont en face de toi tu choisisses comment réagir, selon la boîte d'où ils sortent".
Peut-être. Je mets les films dans des boîtes. Mais au moins, mes boîtes à moi ont la flexibilité nécessaire pour ne pas emprisonner leur contenu. A "boîte", je préfère "parfum". Quelqu'un d'autre dirait peut-être "étiquette", et là je pleurnicherais pendant dix minutes à expliquer que je ne mets pas d'étiquette sur les gens. Mais peut-être si. Et y'a des gens à qui je mets plusieurs étiquettes à la fois, alors.

Et donc les deux nouvelles catégories, sont d'une, "film du Cycle Jennifer Aniston", et deux, "filmaniston". Le Cycle Jennifer Aniston pasque ça fait maintenant quelques films que j'ai vus avec elle dedans, et je crois pouvoir dire que j'ai vraiment aimé, individuellement, chacun de ces films. Et donc ça mérite un Cycle. Le filmaniston, pasque non seulement tous ces films se ressemblent, mais en plus Jennifer Aniston est... non pas "nécessaire" au film, elle a fait des seconds rôles aussi, mais donne à son rôle une présence tout à fait singulière. Elle est bien ste fille. Je la trouve... convaincante.
Et puis c'est quand même une fille que je ne trouvais pas particulièrement jolie (et même, son menton me faisait un peu peur), jusqu'à ce que je la vois jouer, et que j'admette, que je confesse, que je la trouvais craquante. Ses sourires, la manière dont elle parle, dont elle bouge les mains, ses yeux magnifiques (note : il y a énormément de filles qui ont des jolis yeux, en fait... c'est très courant, les jolis yeux... en fait, les yeux c'est joli en soit), et surtout son nez.

Et je trouve un descriptif tout à fait convaincant dans le filmaniston de ce soir, The Object of My Affection. C'est donc le n°1 du Cycle, hein, puisque c'est le premier que je commente. Ce descriptif, c'est un nez "en tulipe". Spamal, ça, comme qualificatif. Elle a un nez vraiment adorable qui est, donc, en tulipe. Bien qu'il ne ressemble pas du tout à une tulipe. Elle a un nez très rond, avec l'arête qui plonge vers le bas sitôt finie, sans se stabiliser à l'horizontale, ce qui est l'opposé exact d'un nez en trompette. Il en faut pour tous les goûts.

> > > i think i thought i saw spoilers < < <

Ce filmaniston, comme presque tous les filmanistons, voit la Jennifer en question se débattre dans une affaire sentimentale compliquée (même pour une comédie romantique), et sortir de là épanouie mais frustrée, blessée, ou pas totalement satisfaite. Ou alors elle a manqué quelque chose. En fait c'est un modèle de romance où l'histoire d'amour principale, celle qui traditionnellement occupe le devant de la scène, ne finit pas en happy end. Ou elle est terminée à la fin du film. Et où Aniston à ce rôle de pauvre fille, jolie et en général dans son droit, qui s'empêtre dans des histoires compliquées parce qu'elle veut tout à la fois.

> > > consider this... ended < < <

C'est le même principe que dans d'autres films du Cycle : The Break-Up, Rumor Has It, The Good Girl. Et différent d'autres films du Cycle, qui ne sont donc pas tout à fait des filmanistons : She's the One, Along came Polly. Je sors du Cycle d'autres films d'Aniston : Bruce Almighty (pas vu), Leprechaun (pas vu) et trois films de 1997 et 1998. J'ajouterai dans le Cycle : Derailed, avec Clive Owen et Vincent Cassel, ça promet, Friends with Money mais je crois que je l'ai déjà vu, et Rock Star, avec Mark Wahlberg (les Rois du Désert, Les Infiltrés) et Dominic West (que j'ai vu dans A Midsummer Night's Dream récemment). Là.

Faisons rapidement un tour du cast :
Jennifer Aniston, que je trouve (depuis que je regarde ses films) tout à fait adorable, comme une femme pas comme une fille, touchante avec la bouille spéciale maison quand elle hésite. Elle fait superbien le sourire surpris, ou hésitant. Et, ce qui est rare en fait, elle sait pleurer à la caméra. Et le plus drôle, c'est que j'ai dû voir cinq épisodes de Friends en tout et pour tout. Dont un avec son papa-Bruce Willis, donc ça va, j'ai l'essentiel. Il y a en face d'elle Paul Rudd (à peu près tout à fait inconnu au bataillon), Allison Janney que j'avais déjà dit apprécier, une Hayden Panettiere de 8 ans à peine (qu'on reconnaît en fait, c'est mignon tout plein !) qui joue la Petite Sirène tout au début du film, Aidan Alda qui joue le patron de Mel Gibson dans Ce que Veulent les Femmes, et Nigel Hawthorne qui joue le Professeur Cocteau dans Demolition Man.

Le scénar est très bien. C'est un gros atout du film selon moi : il est intriguant. On ne sait pas comment ça va finir, et même plus, on ne sait pas toujours quel va être le prochain pas du film ; non que le film s'exprime mal ou qu'il ne sache pas où il va, mais il veut jalousement garder ses secrets, parce que la fin importe au discours autant que le chemin. Ca peut être frustrant pour certains, je trouve ça intéressant. Ca garde l'attention au fil des scènes qui, faute de vouloir verser dans le gros romantique, le gros comique, le gros dialogue ou le gros rebondissement, se regardent essentiellement pour l'eau qu'elles apportent au moulin. Et en fait ça marche.

Grosso modo, le film s'occupe de réfléchir à la responsabilité et le réalisme dont on doit faire preuve dans un couple. Jusqu'où on doit pousser la réflexion, les barrières à ne pas dépasser, la fidélité, la frontière entre amour et amitié... Ca fait planplan et niais présenté comme ça, mais le film est intéressant en ça. Ca va pas révolutionner la philosophie, la vision de la vie, la mort, la famille, l'amour, l'amitié et les choux à la crème, mais c'est assez peu traité comme sujet pour sortir du lot des comédies romantiques. Le synopsis même du film, les états d'âme d'une femme partagée entre le père de son enfant, son meilleur ami, les amis de son meilleur ami, et les hommes qui passent alentour, est assez précieux pour convaincre de voir le film.

Les acteurs sont bons, mais on ne leur demande pas non plus le Paris-Roubaix à la nage. Les rôles sont plutôt simplse, avec des situations constantes et des émotions réservées. Le couple principal, bien sûr, doit s'en tirer mieux que le reste, et ça marche assez. J'aime bien comment Mrs Aniston arrive à changer son expression d'une manière convaincante, alors qu'elle n'a pas un visage très mobile. C'est dans la manière dont elle présente ses yeux, et sa petite bouche qui lui permet d'être pincée ou souriante en un clin d'oeil. Enfinbon. De son côté, Paul Rudd est assez fade, je dois dire, mais il est là quand le film a besoin de lui.

La musique par contre ne répond pas du tout à l'appel. Même la "chanson de nous" typique du film (ça fait partie du merchandising d'avoir un thème, surtout quand c'est une comédie romantique et que la chanson signifie quelque chose pour son couple principale... cf. une application extrême de ce principe dans le Mariage de Mon Meilleur Ami) est relativement pâteuse, même chantée par Sting. Dommage.

Voilàdonc, si on veut une romance, certes romantique, mais assez songeuse et même sérieuse, avec une actrice principale belle comme le jour (des fois triste, des fois magique), on peut se diriger vers The Object of my Affection. Avec des morceaux de Shakespeare à l'intérieur.

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